Comme j'ai un appareil pour respirer la nuit qui me change la vie depuis le mois d'avril, j'ai du mal a m'en passer, mais en y reflechissant bien, avec en plus une batterie pour être autonome, ca devient hyper encombrant sans compter qu'avec la flotte que le matériel va se prendre c'est un bon plan pour tout casser et à la finale, ne rien gagner.
Bilan des courses, je vais faire un test et voir si apres 2 nuits sans cette assistance, je ne rattrape pas direct les symptomes de l'apnée du sommeil: mal de tete, grosse fatigue, somnolence, symptomes qui sont peu compatibles avec l'endurance physique que demande n'importe quel voyage de plus de 800 km en hiver en moto, et surtout avec 2 nuits de bivouac dans un confort très sommaire.
Bon, petit pb de planning, impossible de décaler un rdv au dentiste, m'obligeant à décaller le départ de Nantes à 17h30. Pour pouvoir me rappocher au max des Millevaches, je vais rouler integralement de nuit pendant au moins 360 km, vers là où j'ai repéré un super bivouac protégé de la pluie, enfin normalement.
J'aurais pu partir le samedi matin, mais de Nantes, ca veut dire arriver en soirée, planter la tente, pour la replier le lendemain matin, en gros tu ne profites pas vraiment.
Gaz pour en fait 400 km de route de nuit et 8 h de voyage (voir plus si affinité), mode sdf / aventurier enclenché !
Un automobiliste à une station service à Mauléon, intrigué par mon chargement, vient me demander si c'est pour les Millevaches, comme quoi on passe pas vraiment inaperçu en cette période. Les gens doivent se demander ce qu'on peu faire en moto en hiver, et encore pire à des heures un peu tardives.
En tous cas, les conditions au début sont parfaites, il fait carrement chaud, 10 degrés, le temps est sec et la visibilité est au max. Pas un seul animal qui décide de croiser ma route à par quelques chouette ou hibou en marraude.

Je profites de voir une boulangerie vers Parthenay encore ouverte pour manger, ca m'évitera de deballer mon rechaud au bivouac.

A l'interieur de la boulangerie, une moto super bien préparée pour la competition, ca le ferait aussi pour les Millevaches, bon les slicks un peu moins !

Bon, ca se voit pas, mais entre les 2 photos, je me suis pris une petite gamelle à l'arret !
En fait, j'ai positionné ma moto sur une sorte de passage constitué de pierres dont les joints etaient en terre molle, j'ai bien sur mis ma bequille entre 2 pierres et j'ai pas compris en descendant que la moto ai décidé brusquement de pencher, comme s'il n'y avais pas de bequille.
J'ai essayé de retenir mais passé un certain angle avec un pied qui glisse dans la pluie et la boue, ca a finit par terre...
Oups, ca sent pas bon ca.
La moto est completement affalée avec la béquille enterrée entre les 2 blocs de pierre, le sac de reservoir s'est fait la malle et tous les bagages se sont renversés.
Je vous passe les détails mais bien énnervé, j'arrive a redresser la moto, et miracle j'ai à priori bien retenu la moto lors de la chute, elle est tombé comme il faut au ralenti dans le la boue bien molleuse : aucune casse n'est a déplorer à part le levier du guidon gauche qui s'est tordu et de la boue un peu partout sur la moto, que j'irais nettoyer un peu plus loin, la flotte ce week end, c'est pas ce qui va manquer.
Le guidon, c'est pas la 1ere fois que ca lui arrive mais c'est prévu pour, car c'est un adaptable qui se règle dans tous les sens, comme je le serre juste ce qu'il faut pour qu'il tienne bien, il y a que dans les gamelles qu'il bouge pour ne pas casser ou se torde vraiment.
En prenant de bons appuis et en lui appuyant bien sur la gueule, je le remets en ligne, pas moyen de faire avec des outils car j'ai pas la grosse clé allen pour le desserer.
Bon, on a rien vu hein ? Et puis de toute façon le moteur n'a rien !
GAZZZZ !!

Petit soucis de navigation à Limoges où je me plante dans les pancartes sur le périf, je m'arrête je sais pas combien de fois pour tenter de me reperer mais bon, zen, on va pas s'ennerver, je suis en vacances et pas du tout préssé !
Tellement pas préssé que rendu sur les petites routes à virages du Limousin que je prends en général avec avidité, et bien là avec la pluie qui s'est invitée, couplée avec la moindre éfficacité des phares sans compter les temperatures qui baissent drastiquement, et bah on va carrement les passer tout doux ces virages ! Un sacrilège en temps normal, mais là, on est pas en temps normal.
Bon, je passe Eymoutiers en croisant des gens qui fument et discutent à la terrasse d'un bar, à minuit bien passé, en croisant leurs regards étonnés, je vois bien qu'ils doivent se demander où va un motard tout seul à cette heure tardive et j'avoue, moi aussi ! Lol
Se retrouver tout seul sous la flotte, en etant pas vraiment sûr de l'endroit où l'on va dormir et même si, en fait, on va dormir tout court ! Cest pas vraiment le genre de plan dont tout le monde rêve !!
Moi, j'ai l'espoir de terminer ici, a la chapelle du Mont Ceix ou Mont Cé :
https://rando-millevaches-admin.fr/medi ... /ccv2m.jpg
Ca fait rêver, mais après avoir errer tout autour et avoir essayé la piste forestière pour y accéder, remplie d'ornieres, de boue, de pierres glissantes et autres feuilles mortes, et surtout avoir monté des pentes de malade, même si un gsxr est très réputé en tout terrain, et bien a la finale, je ne suis pas vraiment veni, ni vidi et encore moins vici !
Car tout ce que j'ai pu faire, c'est faire marche arriere dans une pire pente que les autres en ne pouvant pas voir comment ca tournait derriere, et a m'y reprendre des dizaines de fois, jusqu'à trouver un endroit un peu plus large pour pouvoir faire demi-tour et enfin battre la retraite, en ayant l'impression sournoise d'avoir échappé à un gros plan de merde, c'est à dire de se retrouver coincer en pleine pampa où ca capte même pas.
Le rêve de tout aventurier mais bon ca restera un rêve !

J'ai eu bien chaud, le moteur aussi, c'est cool, il fait bon par ici en fait !
En fait, j'avais pas fait gaffe que dans le nom : "la chapelle du MONT Ceix", il y a "Mont", maintenant je saurais pourquoi !!!! Lol !
Y en a qu'on de ces idées dans le coin !
C'est pas grave, on va passer au plan B, c'est à dire, heu, c'est a dire qu'en fait y en a pas on dirait !
Il y a bien des sortes d'espace entre la route et la foret sombre que je traverse où il y aurait moyen de se garer et planter la tente, c'est tellement désert par ici qu'on risque pas de m'embeter, car ca fait bien longtemps que j'ai pas croisé une voiture.
Mais le problème c'est que si j'ai pas d'abri je vais prendre le risque de remballer des affaires mouillées et ca, ca me tente moyen.
Je commence à me demander si je vais pas domir tout habillé avec le casque avec ma toile de tente en guise de sur sac mais la aussi ca me fait envie qu'à moitié, quand tout a coup, miracle !!
Je vois une cabine téléphonique sortir de nulle part, ca existe encore ca ? Perdu en pleine forêt !!
Hallucination due à la fatigue, surement !!


En fait c'est une cabine qui sert de bibliothèque, et en effet les livres sont tout sec, ca a l'air trop bien.



Un coin au sec, alors que dehors tout est humide, en plus un peu de lecture, j'ai mon fauteuil trépied avec un coussin sur la moto, what else ?
Allez il est trois heures, je suis tout habillé, affalé dans un coin, mon bonnet glisse un peu de temps en temps sur les vitres humides de la cabine téléphonique et le froid me reveille un peu de temps en temps, mais je vais quand meme dormir 2 heures comme ca, pas mal.
Après avoir bien remis les livres à leur place, personne ne saura qu'un motard a dormi là, je m'en vais direction Meymac pour le checkpoint.
J'arrive de nuit et sous les bourasques, normal, on se rapproche des hauteurs du plateau des Millevaches, le pire c'est que je prends mon pied sur ma moto avec ces virages qui restent un plaisir même dans ces conditions.
Le chekoint ouvre à 9h, j'ai carrement le temps, je repère un parking de pharmacie un peu à l'ecart du bourg et en plus ca a l'air sec.
Je gare ma moto, trouve un carton à proximité, et hop ni vu, ni connu, je vais encore pioncé comme un bien heureux, tout habillé avec le casque sur le carton en guise d'oreiller.
Quoi, y en a qui trouve ca bizarre ? Moi c'est juste le club med, franchement je suis naze, je dormirais même debout s'il le fallait, alors couché vous pouvez pas savoir le bonheur que j'éprouve, c'est le paradis ici.
Et franchement, j'y crois pas, mais même pas mal à la tete, juste de la fatigue qui se comprends un peu : je ressucite en fait !
Ca flotte et ca vente de partout mais moi je suis bien.

vers 7h30, il commence à faire un peu plus clair, je m'en vais avant qu'on me repère, et apres avoir rangé le carton et remis la chaine qui interdisait l'accès, encore une fois personne ne saura que je suis passé par là (bon, un peu moins maintenant que je l'ecris !).
En attendant, je prend un bon café et un croissant au bar/restaurant de Meymac tout en surveillant si ma moto résiste bien aux enormes rafales de ce samedi matin.

Je vois passer des motards qui repartent du bivouac, à priori c'est la guerre la haut sur le champ de bataille de la concentre, plein de tentes cassées ou arrachées.
Les rafales sont à la limite de balancer ma moto par terre, d'ailleurs le sapin de Noël en face du bar fini par être enlevé car il arrête pas de s'envoler.
C'est cool...
Un motard italien vient dire qu'il rennonce à partir là haut, il rentre en Italie direct, les conditions pour lui ne sont pas jouables, on réalise mieux les conditions vraiment merdiques qu'il faisait ce samedi et qui force quelqu'un a renoncer après autant de kilomètres.
Mais c'est pas moi qui vait lui en tenir rigueur, car le mieux est de savoir repartir quand on est sur la limite de ce qu'on peut supporter, la prudence n'a jamais tuer quelqu'un, l'inverse, un peu plus.
Moi je profites d'être au chaud pour me refaire des forces en sirotant un jus de fruit.
Je resterais bien toute la journée près du radiateur, ca serait sympa aussi comme programme finalement...
Putain qu'est ce qui faut être c.. pour être motard des fois franchement...
Un local se tenant au bar tient a dire aux motards présents que c'est vraiment des grands malades car lui est originaire d'ici et connait bien la région, le champ de la concentre est en hauteur et hyper exposé aux vents et c'est generalement le pire endroit où on peut se trouver sur le plateau.
Lui de sont vivant n'ira jamais dormir dehors en hiver et pourtant il connait.
Comme quoi, les Millevaches, c'est pas de l'arnaque, vous cherchez l'aventure, vous finirez par la trouver !! Lol
Bon c'est pas le tout mais moi j'ai mon pote Bruno avec son 1100 gsxr de 1989 comme le mien qui doit passer au chekpoint, on se fait une mini-concentre de gsxr air-huile.
En plus il y a une petite accalmie, c'est cool.



Petits souvenirs et cadeaux, les bénévoles toujours hyper sympas et accueillants, l'hivernale fête ses 55 ans comme moi et on veillit bien ensemble finalement !
Je discute avec Bruno des conditions dantesques du moment car je suis au courant par mon pote Cédric de ce qui se passe dans le champs et des rafales de ouf qu'affrontent les participants, et c'est pas de la tarte. Bruno me dit qu'on est venu pour en chier donc que demander de mieux : on y va en fait, on attends quoi ?
GAZZZZZZZZ !!
Bruno m'aide a pousser ma moto et se fait repeindre par mon pneu arrière, comme il dit la boue c'est bon pour la peau.


Je retrouve les potes de la Favella, trop heureux de les revoir.
Malheureusement certains d'entre eux ont du repartir, tente cassée, mais ca sera pour la prochaine ;)

Les Millevaches 2024 !

Petite surprise au réveil, c'était annoncé mais comme le père Noël, on y croyait plus...








Ma tente :

Ma moto:



La moto de Bruno :


Un peu rock n roll pour replier les affaires quand il fait -1 degrés mais le secret c'est de pas se presser.
Et surtout, un mars et ca repart







Conditions vraiment etrange pour ressortir, autant moi j'ai eu du mal a rester sur mes 2 roues, autant ma moto etait à la peine aussi car la temperature mélangées a l'humidité faisait givrer mes carbus, ce qui fait que le moteur se mettait a tourner sur 3 pattes par moment.
J'ai déjà connu donc le but c'est de s'arreter de temps en temps pour faire tourner le moteur au ralenti et repartir.
Descendu du plateau ca finira par retourner nikel.
Et encore une bonne journée de moto trempé presque integralement a rouler par des temperatures qui passeront de 0 à du 6 degrés vers la fin.
J'ai réussi l'exploit de trouver une portion de route, vers Oradour Sur Glane, à peu près roulante et j'ai pu enrouler quelques virages de façon honorable.
Et tout ca, sans maux de tête, ni quoi que ce soit, mon cadeau de Noêl, je l'ai eu.
Résucité !
Allélouia et merci Père Noël !!







