Merci les gars pour vos réponses rapides.
Je me sens un peu moins seul avec ce pb
Puisqu'on me le demande et que ce fut ma passion, j'ai travaillé une petite vingtaine d'années dans l'industrie métallurgique le "Décolletage". Cette industrie locale fournit 80% de la production française, et est réputée dans le monde entier. Il s'agit de fabriquer en série (les séries varient de quelques centaines à plusieurs millions) des pièces à révolution cylindrique, à partir d'une barre généralement de 3 mètres de long, et dont le diamètre s'étend de 1 mm à 80 mm. Les matières sont souvent divers aciers ou laitons, j'ai vu aussi du nylon, de l'or, de l'argent, du titane, etc... Les cadences sont de l'ordre de quelques minutes pour fabriquer une pièce, jusqu'à près d'une centaine de pièces fabriquées par minute.
Les machines utilisées s'appellent des Décolleteuses ou Tours automatiques, à mon époque Tours automatiques à cames, actuellement Tours automatiques à commande numérique, mais les cames restent imbattables dans certains domaines.
Cette industrie s'adresse à une multitude de domaines, à l'origine c'était pour l'horlogerie, actuellement principalement l'automobile, mais aussi quincaillerie, chirurgie, lunetterie, connectique, etc...
Étymologiquement, Décolletage signifie "enlever le collet", cad enlever sur la barre la matière pour façonner la jambe d'une vis.
Les machines entrainent la barre de 3m de long à une vitesse qui varie entre quelques 100t/min jusqu'à 15000t/min (l'élément entrainant s'appelle la poupée), et un certain nombre d'outils (de 3 à 6 transversaux selon les machines + 3 à 6 outils axiaux genre foret, alésoir, filière, taraud, etc) viennent façonner la barre, un outil au moins étant l'outil de coupe, la coupe étant la dernière opération une fois la pièce entièrement façonnée sur la barre.
Les marques de machines les plus connues sont Tornos, Bechler, Petermann, Béchet, Wirth et Gruffat, Index, Traub, Strohm, Skoda... Suisses, Françaises, Allemandes, Tchèques.
Les mouvements de tous les outils et éventuellement de la barre (sur les poupées mobiles) sont commandés par des cames ; les cames, au nombre de quelques unités jusqu'à une vingtaine par machine, sont montées sur un arbre à cames, lorsque l'arbre à cames a fait un tour on a fabriqué une pièce.
Les tolérances sur les pièces varient de quelques microns (horlogerie par exemple) à quelques dixièmes de mm, tolérances à respecter sur la série entière, ce qui entraine des controles avec courbes de gauss et tout le tintouin.
Mon métier, consistait à concevoir et fabriquer un jeu de cames complet, ayant pour seuls éléments connus le plan de la pièce et la machine sur laquelle elle sera fabriquée. Dans ma jeunesse, certains utilisaient des tables logarithmiques ou autres règles à calcul pour les calculs, puis la fabrication des cames se faisait sur des machines de présision entièrement manuelles. Dès 1978, je me suis équipé de micro-ordinateur (Hewlett Packard HP 85 puis Amstrad PC1512) et de commandes numériques pour fabriquer les cames, des "Castor" de la marque TORNOS. Etant ingénieur, je me suis démarqué de mes confrères (nous étions une dizaine) en optimisant grâce à l'informatique le forme des cames, surtout les mouvements dits "improductifs", pendant lesquels aucun copeau ne se fait, cad les approches ou croisements d'outils par exemple. Je me démarquais également en étant le seul à savoir concevoir et fabriquer des cames pour tous types de machines : à poupée mobile, poupée fixe, à tourelle révolver, à torche, machines transfert, machines de reprise à chariot X Y, machines à fileter, et autres machines conçues par le client sans documentation. Le meilleur exemple d'optimisation, en collaboration avec le chef d'atelier de mon plus gros client Frank & Pignard, fut à propos de barres de torsion pour l'automobile, dans les années 80 : ils ont fait leur première offre basée sur une production de 25 pièces/heure, au bout d'un an d'optimisation des cames, de la machine, et des outils, nous étions à 140 pièces/heure ; aujourd'hui en 2019, ils ont toujours une dizaine de machines (des Petermann P16 6 outils) fabriquant ces pièces pour tous les constructeurs automobile, personne n'est encore arrivé à égaler ce que nous avions réalisé avec des cames, bien des vendeurs de machines à commande numérique ou autres multibroches s'y sont frottés, tous à la rue !!!
J'ai à peine résumé mais j'arrête là, sinon on y passe la journée tellement cela m'a passionné ! J'ai eu quelques années ou mois d'expérience travaillant en Algérie, en Tchéquie. J'ai aussi fabriqué des cames pour des machines à brosser les fromages
![roflmao [roflmao]](./images/smilies/roflmao.png)