J'avais pas vu la vidéo commerciale, ça donne envie grave, même si le look est futuriste, je sais que je m'habituerai
J'attends donc le loto
Et vous ça vous tente ? quand vous serez riches bien sur.
Vidéo complète Kawasaki H2R à télécharger - 102 Mo
Kawasaki Ninja H2R, le missile de 326 chevaux ! 357 km/h chrono et 50.000 €uroUNE H2R, ÇA SE MÉRITE
Voilà, si vous avez 50 000 €, vous pourrez être l’un des 20 heureux élus français qui disposeront de cette bête de technologie et de performances pour rouler sur piste, mais pas en compétition car aucun règlement ou catégorie n’accepte cet engin d’exception. Dommage et normal, vu que la Kawa déboîte tout ce qui roule. Une moto d’épicurien en quelque sorte ! Pour les autres, restera à attendre la version route à 25 000 €, avec 200 chevaux et une accélération qui va laisser toutes les hypersports derrière… Rendez-vous en janvier 2016 seulement !]
Pour Motoservices, Philippe Monneret a essayé la Kawasaki H2R au circuit Paul Ricard. L'ex pilote, vainqueur des 24 heures du Mans en 1991 et vice-champion du monde d'endurance en 1994, a explosé le record de vitesse moto de la piste varoise... 357 km/h, ça ne s'était jamais vu sur une moto au Castellet, et c'est à cette vitesse que la H2R atteint son rupteur ! Pour celle qui descend de la H2, la moto la plus rapide des années 1970, il ne fallait pas moins que ça ! Avec son 4-cylindres 1000 cm3 équipé d'un compresseur volumétrique, la H2R vous catapulte et déboîte tout ce qui roule. Explications en images, en son et bientôt en vidéo...
Nous voilà sur le circuit Paul Ricard, en ce mois de mai 2015. Le fourgon Kawasaki France est garé devant le box 14. Nous avons rendez-vous avec le staff du constructeur pour le test de la fameuse H2R, version piste de la nouvelle H2 qui sortira en janvier 2016 lorsque la "loi des 100 ch" sera abolie en France. Une H2 qui renaît 40 ans après, reprenant le nom de celle qui était déjà la moto la plus rapide dans les années 1970 !
En 1971, Kawasaki sortait la H2 (voir l'essai et la vidéo de la Kawasaki 750 H2 sur La Moto Classic). Moteur 750 cm3, 3-cylindres 2-temps, 74 chevaux pour 192 kg. Elle allait devenir la moto la plus rapide de son temps, avec 220 km/h. Quarante ans après sa disparition, la marque japonaise a mis toutes les entités du groupe à contribution pour élaborer cette H2 du XXIè siècle, articulée autour d'un concept inédit et capable d’accélérations inconnues à ce jour. Nous avions hâte de vérifier sur piste ! Cette fois c’est un 4-cylindres 4-temps de 998 cm3, à culasse double arbre et 4 soupapes par cylindre, refroidissement liquide, injection et admission dynamique, du classique finalement, mais il y a un petit élément peint en rouge qui va changer la donne. La H2 millésime 2015 reçoit un compresseur volumétrique… Et ainsi affiche 326 chevaux dans la musette dans sa version R ! Autant dire qu’il lui fallait une piste à sa mesure, et seul le circuit Paul Ricard dans le Var peut proposer une ligne droite de 1,8 km… Mais est-ce suffisant pour pousser la bête à son maximum ?

QUELLE GUEULE !
Orni (Objet roulant non identifié), dans sa livrée carbone, la H2R attire le regard et fait poser de nombreuses questions quand on remarque les ailerons et spoilers qui ont poussé sur son carénage. En collaboration avec sa division Aérospatiale, Kawasaki a créé une enveloppe aérodynamique sculptée pour assurer un maximum d'efficience aérodynamique. Voulant assurer un design audacieux digne de l’héritage Ninja et de son nom H2, la direction stylistique choisie est exclusive. La conception du carénage permet également d'optimiser le refroidissement et la dissipation thermique. Le radiateur d’eau est d’ailleurs doublé d’un radiateur d’huile, caché derrière. La face avant avale l’air et le propulse au compresseur situé derrière le rang de cylindres, dans un conduit spécifique qui passe du côté gauche. Pas de carénage intégral du reste, pour que l’on voie les entrailles de la bête et son compresseur, peint en rouge, blotti derrière les cylindres…

UN COMPRESSEUR “FAIT MAISON”
Le compresseur utilisé dans la H2R a été conçu par les ingénieurs motoristes du département moto, en collaboration avec d'autres division du groupe KHI, à savoir la division Technologies internes, Turbines à gaz et Aérospatiale. Ce travail commun a permis un développement correspondant parfaitement aux caractéristiques et exigences du moteur de la H2R. Le compresseur est entraîné directement par le vilebrequin du moteur. Son régime est donc proportionnel à celui du moteur et atteint un maximum de 100 000 tr/min. C’est la clé pour disposer d’une puissance de 326 chevaux à 14 000 tr/min. Impressionnant ! Puissance inhabituelle, mais aussi des accélérations dignes d’un dragster. L’avantage d’un compresseur volumétrique est de fonctionner dès les bas régimes, et de façon progressive, contrairement au turbo, qui ne se déclenche qu’au-dessus d’un régime médian. Le Ram Air est idéalement positionné pour apporter de l'air frais à la suralimentation, contribuant ainsi à dépasser la puissance phénoménale de 300 ch.
CHÂSSIS TREILLIS
Un moteur c’est bien, mais pour qu’il soit exploitable, il faut aussi un châssis à la hauteur. Contrairement à la ZZR 1400, plus de coque alu, mais un treillis tubulaire façon Ducati, peint en vert bien sûr. On note également un empattement réduit de 1450 mm qui devrait la rendre maniable. Mais va-t-elle rester stable en ligne droite à plus de 300 km/h ? Le reste de l’équipement est classique d’une hypersport avec fourche inversée de 43 mm entièrement réglable (compression, détente et précontrainte) depuis le bouchon supérieur. Sur le té supérieur prend place un amortisseur de direction électronique Öhlins qui se durcit en fonction de la vitesse. A l’arrière un mono-amortisseur Kayaba à bonbonne séparée dispose d’une molette externe de réglage pour la précontrainte. Côté poids, la H2R est annoncée à 217 kg, tous pleins faits, avec donc 17 litres de carburant.
BRUIT ASSOURDISSANT
Autant le dire tout de suite, si vous êtes venu incognito et que personne n’a remarqué les ailerons sur son carénage, une fois le contact mis, vous serez immédiatement repéré ! Le 4-cylindres diffuse directement dans un 4-en-1 sans silencieux qui nécessite de mettre des bouchons d’oreilles. Un bruit très rauque et caverneux digne d’une MotoGP. Le ton est donné et on ne peut que partir avec une certaine appréhension… Dès que l’on enclenche la première, tous nos repères tombent ! On est propulsé à 200 km/h en moins de 4 secondes, et après ça pousse encore jusqu’à 300 avec ses 165 Nm de couple au c… C’est une vraie catapulte et nous ne sommes pas au bout de nos surprises…
PRESSION AÉRODYNAMIQUE
L’accélération se poursuit et l’on passe la 6è juste au 1000 mètres. C’est alors que les ailerons viennent tasser la moto sur ses suspensions. Ça claque même dans la fourche comme si elle venait en butée. Pas très rassurant, mais pas de soucis de stabilité, la moto est écrasée, certainement aussi pour ne pas décoller… Enfin tant que l’on ne part pas en roue arrière et donc prière de ne pas enlever la fonction électronique anti-wheeling. En attendant, nous voilà au rupteur, à 357 km/h, juste avant de couper pour préparer le freinage du virage de Signes. Il n’y a pas vraiment de frein moteur, un léger temps de réponse à la coupure des gaz. Comme si le compresseur poussait encore… Certainement l’inertie de la colonne gazeuse !
GROS FREIN ET ABS
Dans ces conditions, à 357 km/h, il faut avoir de bons freins pour prendre le virage de Signes à 150… Il ne faut pas sortir tout de suite de la bulle, sinon, on prend une claque. Dès que l’on coupe, on perd vite de la vitesse et en gros, il faut repasser sous les 300 km/h pour commencer à sortir la tête. Côté freins, c’est du solide, avec double disque avant de 330 mm avec étriers 4 pistons à montage radial Brembo. A l’arrière, un disque de 250 mm avec étrier double piston complète le freinage qui intègre l’ABS nommé ici KIBS (Kawasaki Intelligent anti-lock Brake System) déconnectable.

SOUS CONTRÔLE ÉLECTRONIQUE
D’ailleurs, cette H2R embarque pas mal d’électronique avec des appellations maison, comme la marque japonaise nous en a donné l’habitude. Le KTRC (Kawasaki Traction Control) est l’antipatinage réglable sur 3 niveaux ; le KLCM (Kawasaki Launch Control Mode), c’est l’aide au démarrage ou anti-wheeling (réglable aussi sur 3 niveaux), et le KEBC (Kawasaki Engine Brake Control) pour la modulation du frein moteur (réglable aussi sur 3 niveaux). Reste le KQS, le shifter, qui fonctionne uniquement à la montée des 6 rapports de la boîte de vitesses.
INFOS DE BORD
Tout se règle depuis les commandes au guidon avec affichage sur l’écran LCD qui va aussi enregistrer la vitesse maxi de la moto et diverses informations. Il affiche la vitesse donc, le boost, la température moteur, le rapport de boîte, la pression de la boîte à air et le niveau de l’antipatinage. A côté, le grand compte-tours analogique avec des chiffres retro-éclairé en rouge et une couronne de voyants de contrôle et d’alerte (neutre, KEBC, moteur, jauge essence, ABS, KIBS, ESD, batterie, et parapluie. Eh oui, cette moto est équipée d’un détecteur de pluie qui ne vous autorisera plus à rouler s’il pleut… En effet, la Kawa chausse des Bridgestone slick.

PATAUDE ?
Le comportement est moins vif qu’une hypersport. Le moteur hésite un peu à la remise des gaz, car la puissance déboule instantanément et le contrôle de traction en niveau 3 est trop actif. Cela nuit un peu au feeling en entrée de courbe. On voit que cette H2R est surtout faite pour enfumer, comme son ancêtre 40 ans plus tôt qui le faisait, elle, au propre comme au figuré. A titre de comparaison, les 1000 cm3 de superbike ou d’endurance prennent 320 km/h sur ce circuit en bout de ligne droite. Avec notre H2R munie d’une démultiplication plus longue, nous aurions pu dépasser ces 357 qui s’inscrivent déjà comme un nouveau record au Paul Ricard !

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Kawasaki site officiel
Le son de la Kawasaki H2R






