Le pote breton, il etait comme un poisson dans l'eau ! En effet ! Lol
Sinon oui, c'etait une superbe expedition le vendredi matin, de parcourir plusieurs departements en hiver, en récupérant des potes au passage et après se laisser guider par un spécialiste des petites routes, il n'y a qu'aux Millevaches que tu peux connaitre ce genre de périple.
C'est vraiment génial a faire.
Ensuite pour le bivouac ca ne demande plus de l'experience en conduite moto hivernale, mais d'autres compétences qu'on ne peut qu'apprendre au fur a mesure la bas, et là ca peut vite se transformer en expérience digne de ce qu'on voit a la télé dans man vs wild ou autre.
Cette année, y en a un qui a eu le courage de raconter de l'intérieur et franchement vous allez avoir l'impression d'y etre, en gros tout le monde passe par ce genre d'epreuve mais c'est pas toujours racontable !!! Lol
Vous êtes prêt ?
Allez c'est parti (et juré c'est une histoire vraie de ce week end !!!) :
"Mon weekend au Millevache
Tout commence vendredi matin départ 8h tout va bien motivé la mob roule impeccable malgré ses 200kg. On galère juste à régler le GPS sur mon téléphone donc arrêt a chaque village car impossible de forcer le GPS à faire des étapes.
50km se passent le téléphone s'arrête et plus possible de le rallumer, téléphone HS.
On continue la route au roadbook. On se rallonge un peu mais on garde le cap.
La pluie arrive juste après que mon téléphone lâche et ne nous quittera plus jusqu'à dimanche.
La route est difficile mais ça avance après Bourganeuf les côtes commencent à se faire sentir et on ressent bien les 200kg sur le petit 49.9 bridé.
Nous voici enfin à 15km de Meymac la première destination pour récupérer les passes pour le bivouac, et voilà que mon pneu arrière se dégonfle, nous décidons de mettre poignée dans l'angle et terminer les 15 avant-derniers kilomètres gainés complètement sur la fourche pour soulager le pneu arrière.
C'était interminable et d'un épuisement sans nom après avoir déjà parcouru 230km et 6h30 de route.
J'arrive tant bien que mal la mob dandinant du cul et le pneu complètement à plat à Meymac. Nous prenons nos inscriptions complètement détrempées dans le sac à dos car absolument rien a résisté aux intempéries que nous affrontons depuis le départ.
Nous cherchons une âme charitable qui possède un gonfleur et heureusement des âmes charitables il y en a un paquet à ce rassemblement, je regonfle ma roue et je décolle direct les Millevache à 15km de la, je me dis que je changerai la chambre à air sur le bivouac.
Voilà un kilométre que je roule poignée dans l'angle et en plein virage mon pneu arrière explose je commence par une raquette puis un tout droit pour survoler le trottoir et finir ma course le long de la rambarde de sécurité, j'ai eu peur, je suis fatigué j'en ai marre.
Je me pose le long de la route en me disant que l'histoire s'arrête ici pour aujourd'hui, que je vais passer ma nuit ici à 14km de ma destination finale.
15 minutes plus tard mon bonhomme a enfin compris qu'il était arrivé quelque chose et a fait demi tour pour venir voir où je suis.
La décision est prise, je vais faire les 14 dernier km sur la jante.
Me voilà parti au bivouac le pneu complètement à plat mais avec la mob aussi chargée je me retrouve à être obligé de mouliner comme si j'avais une draisienne sur tout le long du trajet.
J'arrive temps bien que mal sur le site vendredi soir complètement épuisé, fatigué, rincé, trempé, et toutes les articulations douloureuses.
Il reste encore à trouver un petit coin au millieu de tout ce bivouac et installer la tente et allumer le feu.
J'installe ma tente et nous allons chercher immédiatement de quoi faire notre feu, problème tout est trempé, nous n'avons pas de hache et le briquet neuf acheté la veille ne fonctionne plus, je passe plus d'une heure à faire des copeaux avec mon tout rikiki couteau suisse et j'essaie plus d'une heure de l'allumer malgré la pluie battante qui a complètement trempé mes copeaux.
Au bout d'une heure j'abandonne et décide d'aller me réchauffer au vin chaud (délicieux et très réparateur) nous retournons au campement et la surprise le feu c'est consumer et a fini par prendre (Magic)
On profite donc de ce feu timide pour se sécher un minimum et faire cuire un dîner.
J'ai très envie de boire un coup mais absolument rien à boire et tout le monde étant dans la même situation, pas évident de squatter un camp pour boire un coup donc nous décidons d'aller se coucher, impossible de savoir l'heure car pas de montre et plus de téléphone.
Journée du vendredi terminée.
Samedi matin une certaine heure ou le jour se lève

j'ai passé une nuit horrible j'ai dormi à même le sol mon corps est une courbature a lui seul.
Mon duvet bien qu'il était prévu pour -20C° n'était pas adapté à mon gabarit donc tendu comme un string et aucun effet isolant, j'ai décidé dans la nuit de remettre tous mes vêtements mouillés que j'avais utilisé pour le trajet, j'arrive tout de même à faire 1 petit somme mais vraiment très peu de sommeil.
Je me lève il faut réanimer le feu, aller chercher du bois et arriver à se faire un café.
Il pleut pour pas changer mais j'ai réussi à me réchauffer un peu grâce au feu et mon café, mais vient le temps de réfléchir à comment rentrer sans pneu donc je passe ma journée à demander à toutes les personnes que je croise si ils ont un pneu mais aucun espoir.
Nous essayons de faire sécher les gants et les vêtements pour le retour mais impossible avec la pluie ça sèche côté feu ça mouille côté pluie donc on passe notre temps à coller nos fringues sur le feu et la on crame nos gants, super je les avais acheté juste pour l'occasion et j'y avais mis le prix.
Un peu plus tard nous sommes trempés jusqu'au slip et on se colle de plus en plus au feu, une bûche tombe je ne m'en rends pas compte je crame ma chaussure neuve achetée également pour l'occasion, là ça commence à faire beaucoup le moral n'y est absolument plus.
Bien sûr vient l'heure de l'envie de chier qui arrive et là c'est la merde c'est le cas de le dire. Le PQ prévu est transformé en papier mâché et les toilettes du site sont saturées et, impossible de me retenir je croise les doigts pour faire une merde parfaite mais le sort s'acharne et c'est tout l'inverse, je récupère le carton du rouleau qu'il reste dans les toilette et essaye de m'essuyer au mieux mais à partir de là je savais que j'allais passer le reste du weekend le cul sale et là c'est vraiment très désagréable.
L'après midi passe, j'ai juste envie de pleurer et d'appeler ma femme mais impossible : plus de téléphone, elle me manque beaucoup trop et mes chiens aussi, je me demande ce que je fous la.
Quelqu'un fini par venir me voir et me dit qu'il connaît quelqu'un qui connait quelqu'un qui pourrait peut être connaître quelqu'un qui habite pas loin et qui pourrait avoir un pneu. Problème plus de téléphone donc je récupère les numéros sur un papier mouillé et je commence à emprunter un téléphone pour appeler cette personne, je finis par trouver une personne qui peut me déposer le pneu sur le site, étant complètement stressé car absolument pas de liquide sur moi et impossible de me déplacer pour aller retirer des sous, au final la personne finie par me déposer le pneu à 17h et me l'offre généreusement. Je me dépêche de le remplacer avant de devoir tout remonter à la petzel.
Un fois mon pneu remonté ça va mieux mais reste à trouver à le regonfler et là je commence à faire le tour des bivouacs et pas de pompe mais tout le monde avait son alcool "local" je commence à me réchauffer et à me réchauffer le cœur et je fini par trouver un gonfleur après le whisky, le rhum, le génépi, la goutte.
Assez tard dans la soirée la pluie cesse enfin mais le vent se lève c'est la tempête, pas grave on fait sécher au maximum toute nos fringues, je me retrouve en t-shirt et survêtement devant le feu avec la mob transformée en Tancarville.
Il est une certaine heure après que la nuit soit tombée mais je sais qu'il est impossible que tout sèche a coeur, et surtout ma toile de tente s'est transformée en piscine donc je n'ai même plus de quoi me coucher, je me mets en mode "retour a l'instinct primaire" et décide de simplement essayer de survivre jusqu'à l'extraction, même si cela voulait dire que je devais rester toute la nuit éveillé à entretenir le feu et c'est effectivement ce que j'ai fait.
Fin de ma journée du samedi.
Dimanche, jour de l'extraction.
Je suppose vers 6h du matin, j'ai pas dormi, je suis malade car j'ai pas dû supporter les mélanges d'alcool et surtout la goutte plus le froid et la fumée de feu de bois qui devait commencer à m'empoisonner, d'ailleurs je ne supporte plus la fumée j'ai les yeux qui me font horriblement mal et je vois flou (super pour conduire

) problème c'est que le site est entièrement rempli de fumée car tout le monde a son feu et nous sommes tout le weekend dans un brouillard constant.
Je décide de remballer mes affaires. Pas évident quand tu es dans un état pareil qu'on ne peut pas comprendre si nous ne l'avons pas vécu.
8h arrivée, nous sommes enfin prêt à partir 230km nous attendent, on prend une dernière photo devant le panneau des Millevache et nous prenons la route.
Par chance il ne pleut pas et les températures sont plus clémentes, je prends la tête j'ai une bonne mémoire des trajets mais pas évident quand tu vois flou donc je finis par rater une direction et on se retrouve à se rallonger le parcours, de plus j'ai pas suffisamment regonflé mon pneu la veille donc nous croisons les doigts qu'il tienne jusqu'au bout.
Les kilomètres défilent et pour être honnête ça roule plutôt bien, les paysages sont magnifiques mais un arrêt tout les 30 kilomètres pour se dégourdir ou se réchauffer les mains sachant qu'on a pas réussi à tout sécher.
Nous passons la Souterraine après plusieurs heures nous nous rapprochons du but.
Voici le panneau qui annonce Montmorillon à 20km la dernière grande ville à traverser avant de rentrer dans notre secteur, nous passons Lussac et là ce qui devait arriver arriva, mon pneus arrière lâche mais ce coup là en pleine ligne droite et à faible allure donc aucune frayeur.
Le pneu qu'on m'avait gentiment offert n'a pas supporté les 200km l'aventure s'arrête ici, mon binôme me prête son téléphone et j'appelle Solène pour qu'elle vienne me récupérer.
Mon pote continue donc la route tout seul et moi j'attends là sous la pluie, pour changer.
2h après, mon ange gardien, ma femme, mon univers est là pour me porter secours et la fin de la galère et enfin là malgré un mal insupportable au yeux hier soir.
Je suis rentrée j'ai enfin pu retirer l'intégralité de mes vêtements mouillés, me mettre des gouttes dans les yeux et sauter sous la douche chaude.
Après avoir essayé de veiller un peu je me suis endormi et réveillé 15h plus tard pour vous raconter cette histoire.
Merci a toutes les personnes présentes et a l'organisation.
Merci a toute les personnes bien vaillante qui nous ont aidés tout le weekend
Merci a ceux qui nous ont offert un coup a boire, un truc a grignoter, ou un cour moment abrité de la pluie.
Il est encore trop tôt pour dire que je renouvellerais l'expérience mais je vous dis quand même probablement a l'année prochaine


"
Geoffrey Trasserra Les Amis des Millevaches